Randonner avec un âne de bât en Aveyron

- Randonnée avec Emmeline et son Escargoline

Randonnée du 20 au 30 juin 2020

Nous avons quitté Lavagnol le samedi 20 juin, en début d’après-midi, avec Mickey et Quésaco. Nous avions fait l’acquisition de malles en fer pour ranger pas mal de choses : duvets, lits de camp… alimentation, au moins pour une durée limitée. Nous sommes partis avec de nouvelles tentes. Enfin nous avions 4 cantines pleines, plus le matériel pour les ânes (clôture pour la nuit, seaux...). Tout cela rangé dans un chariot suisse, sans compter avec encore, en plus, un siège toilette pour Emmeline et son fauteuil roulant, environ 130 kg de bagages.
Nous sommes partis avec Quésaco à l’Escargoline et Mickey à la charrette.
Première étape : Lavagnol, Montagnol et descente sur la vallée de la Sorgue par le chemin qui passe par le Mas de Salel. Avant St Maurice de Sorgues, un monsieur, nous voyant passer à une heure avancée de l’après-midi, nous a proposé le pré de son neveu pour camper. C’était au bord d’un ruisseau, sympa pour donner à boire aux ânes et pour laver la vaisselle. Nous avons dormi avec le doux bruissement de l’eau.
Le lendemain, petit déjeuner, en particulier celui d’Emmeline, le pliage des tentes, les rangements, etc, nous ont pris environ trois heures. Départ un peu tardif. A midi, nous nous arrêtons, pour déjeuner, sur un banc au bord d’une toute petite route qui mène à St Maurice, après avoir attaché les ânes dans le chemin qui descendait dans un pré. Le propriétaire du champ, content de voir des ânes nous propose son pré pour passer la nuit.
Mickey tirait la charrette et s’était blessé avec le collier. Le repos d’une demi-journée a eu l’air de lui faire du bien. En tout cas, nous avons allégé la charrette et avons laissé plusieurs choses chez nos nouveaux « amis » de St Maurice.
Le lendemain, nous avons échangé les postes : Mickey a tiré l’escargoline et Quésaco la charette. Le long de la vallée de la Sorgues, petite route sympathique, que nous quittons à Montpaon, pour monter sur le plateau du Guilhaumard.
Dans cette première montée les difficultés commencent, le chemin de caillasses, qui monte un peu raide, très raviné par les orages récents avec de nombreuses marches est très difficile pour l’escargoline,. Nous préférons dételer Michey et tracter l’escargoline nous-mêmes.
Pour Quésaco et son chariot, on décharge une partie, mais il faut aller la rechercher ensuite… Nous sommes un peu en retard sur le programme, mais avons la chance de profiter de paysages magnifiques.
Le lendemain, autres difficultés : chemin étroit, encadré par des rochers, des rochers au milieu, des marches. Hervé porte Emmeline pour la faire passer. Ensuite nous escaladons les rochers avec l’escargoline vide. Pareil pour la charrette (Hannibal dans les Alpes !!). Etape : 3 km !
Mercredi, le Guilhaumard est plus clément, un bon chemin nous fait rejoindre le GR 71C qui nous amène au Mas Raynal puis à Canals, tranquillement. Arrivée en fin d’après-midi, rencontres sympas. Bivouac.
Jeudi, toujours sur le GR qui suit la route, nous gagnons La Pezade,. Lorsque que le GR quitte la route, nous nous trouvons sur un champ clôturé qui nous oblige à continuer par la route pour rejoindre la Couvertoirade, sans trop de difficultés. Entrée à la Couvertoirade bien plus agréable qu’en voiture, tout droit jusqu’à la grande porte nord. Nous attachons les ânes avant la porte d’entrée, avant d’aller au bureau d’accueil, en quête d’un gîte. Nous attendons, au bistro avant l’entrée, la propriétaire du Gîte de la Cité. Elle nous trouve un lieu pour les ânes. Nous passons la nuit dans son gîte, la journée suivante, nous faisons des courses, pour repartir le lendemain matin, samedi 27 juin, pour rejoindre le Caylar.
Sur les conseils de nos hotes, nous abandons l’idée de prendre le GR 71, car les bouisses seront trop étroites pour le passage de l’escargoline et de la charrette. Nous empruntons le « GR de pays », en direction de Le Cros, jusqu’au Mas de Crassous, étape tranquille, malgré quelques parties de chemin fort caillouteux, mais chemins larges qui, pour le dernier, aboutit sur une route qui nous conduit au Caylar.
Assis au bistrot, nous avions oublié le bruit des voitures qui passent constamment… Nous tirons des plans sur la comète pour la suite… En tout cas le retour devrait être plus tranquille que l’aller.
Au Caylar, nous nous installons au Co’Gîte. Hôtes particulièrement sympas et écolos, comme à la Couvertoirade. D’ailleurs ils se connaissent. Là aussi ils ont un pré pour les ânes. Après quelques courses, nous dînons dans un restaurant.
Départ, le dimanche 28 juin, après avoir récupérer les ânes qui s’étaient sauvés pendant la nuit. Nous quittons, le Caylar, en fin de matinée, sur un chemin du circuit vert, balisé, large et entretenu, avec peu de déclivité, idéal pour l’Escargoline où nous effectuons une grande étape de 5 km (enfin les vacances !)
Nous arrivons aux Rives, en début d’après midi, et nous arrêtons sur une placette à côté de l’Auberge des Rives. En nous voyant arriver avec notre équipement, ils nous ouvrent leur porte. Nous savourons le plaisir de boire des cafés. Nous y dînons et passons la nuit.
De Rives, nous partons le lendemain pour Ceilhes par la route, nous avançons sans problèmes : 20 km dans la journée.
A Ceilhes, nous arrivons vers 18 h et louons, au camping, un léger bungalow en toile équipé sommairement. Nous allons dîner à la Pizzeria, au bout de la retenue d’eau. Soirée sympa, repas délicieux.
Le lendemain, après avoir tout rangé, nous partons pour monter au col St Pierre. Montée rude jusqu’aux éoliennnes et descente raide pour regagner la plaine. Un large chemin nous mène aux Bayles. A partir de là, que de la route. Arrêt à Cénomes pour boire deux bières chacun. Emmeline mange deux yaourts.
Et hop, repartis pour gagner la maison d’un bon pas. Nous arrivons vers 19h30, fatigués, mais contents, après cette étape d’une bonne vingtaine de km encore.

Malgré les difficultés dues au handicap d’Emmeline, nous gardons un très bon souvenir de ces dix jours : chaleur des rencontres, beautés des paysages... Même si cette épopée n’est pas un record de distance, nous avons surtout favorisé le confort des participants...