Randonner avec un âne de bât en Aveyron

- Conseils pour mener l’âne en randonnée

L’âne est astucieux, il va vous tester : ne le laissez pas glaner sans cesse de l’herbe au bord du chemin sinon la randonnée sera dure…

Une autorité douce mais ferme dès le départ est nécessaire et fera de lui un bon compagnon coopératif et non un âne gâté qui n’en fait qu’à sa tête. Lui relever la tête d’un coup sec, répétez ce geste si nécessaire et lui dire de marcher en le stimulant pour qu’il ait la tête au travail.

Un âne mange de l’herbe ! Il lui en faut beaucoup mais ne le croyez pas affamé s’il se précipite sur tous les brins d’herbe. A défaut d’herbe ou de temps, il mange du foin ou du grain. Pain sec, fruits abîmés ou même chocolat sont de vraies friandises !

Il est sobre, c’est un animal du désert mais il aime l’eau propre (rarement plus de 10 litres par jour), proposez lui de l’eau le matin et le soir, et en cours de route si l’occasion se présente.

Et il arrive aussi que l’âne inspire des poètes !

LE BATAGE

  • Approchez l’âne de face, parlez lui, ne le surprenez pas avec des gestes brusques ou des cris.
  • Vérifiez la propreté des sabots.
  • Brossez le, surtout à l’endroit où repose le bât et au passage de sangle.
  • Posez la couverture propre en avant de l’emplacement pour la faire glisser dans le sens des poils jusqu’au bon endroit.
  • Posez le bât dans le bon sens, appuyé sur le creux de l’épaule, en arrière du garrot. Le bât tient uniquement grâce à la sangle qui passe sous le ventre et qui serre derrière les pattes de devant, sur le sternum et non sur les côtes, ce qui pourrait le gêner ;
  • Serrez la sangle une 1ère fois (vérifiez qu‘elle ne soit pas torsadée), laissez l’âne s’y habituer et resserrez fermement.
  • Les autres sangles, simplement ajustées, servent à empêcher le bât de glisser vers l’avant ou l’arrière en descente ou en montée.
  • Chargez un sac de chaque côté. Il est essentiel que les sacs aient le même poids. Pensez à l’âne : les objets durs ou pointus ne doivent pas toucher ses flans. Pensez au centre de gravité du chargement : les objets lourds doivent être au fond des sacs, et les plus légers dessus.
  • Poids maximum conseillé : 40 kg (variable en fonction de l’âne et ou le terrain).

LA CONDUITE
L’âne se pousse mais ne se tire pas. Marchez un devant, les autres derrière et au besoin agitez une petite branche ;
Ne vous entourez jamais la longe autour de la main ou du poignet, si elle se serrait vous pourriez vous faire très mal.

DANS LES PASSAGES DELICATS
Un adulte doit mener l’âne, avec la longe suffisamment souple pour le laisser libre de ses mouvements.
Insistez pour que tous les enfants soient derrière l’âne, et surtout pas sur son dos.
Veillez à l’encombrement de la charge dans les passages étroits ; n’hésitez pas à enlever des sacs. Retournez vous pour le regarder, le guider et le rassurer.
Pour le freiner, tenir la longe courte au ras du licol .
Dans les descentes, dites lui « dou-dou, doucement », il ne doit pas vous dépasser car sinon il risque de s’emballer, il doit se retenir.
Sur les routes, un piéton avec un âne est considéré comme un véhicule : respectez le code de la route et marchez à droite ; profitez d’une bordure herbeuse pour soulager les pieds de votre âne, le goudron provoque des échauffements ;
Lors de passage de rivière, stimulez le et armez vous de patience : petit à petit, il avancera ou sinon sautera, alors attention devant

S’IL VOUS ÉCHAPPE
Ne courez pas derrière lui, contournez le pour lui bloquer la route et appelez le sans crier. Montrez lui une gourmandise, approchez vous doucement en disant « ça va-ça va… » et remettez lui vite une longe autour de l’encolure avant de lui repasser le licol.

S’IL REFUSE D’AVANCER
Il y a toujours une raison : manque-t-il une personne ? Un autre âne ? Un insecte lui tourne autour ?
Et ce truc qui brille ou qui bouge, c’est quoi ?
Son bât est en train de glisser ? Il fait ses besoins ?
S’il gratte le sol, il veut peut-être se rouler alors attention aux bagages, il faut lui relever la tête tout de suite.
Alors soyez à l’écoute, il y a toujours une solution, c’est souvent lui qui la propose. Et sinon n’oubliez pas qu’un âne se pousse, ne se tire pas et stimulez-le par la voix.

LE REPOS
Quand vous faites une pause assez longue, débâtez votre âne, il en sera ravi et pourra même se rouler, faire une petite sieste, brouter un peu, il n’en marchera que mieux. Préférez un endroit ombragé, où l’herbe est belle et où il ne se sente pas abandonné.
Profitez de ces moments pour vérifier une éventuelle usure du poil qui signifierait une blessure possible ; le cas échéant, protégez l’endroit sensible avec un morceau de tissu, pas synthétique, et surtout enlever la cause de l’usure.
Si l’attache est nécessaire, suivez scrupuleusement les conseils pour le nœud, qui se défasse facilement pour vous en cas d‘intervention mais pas pour l‘âne.

SOYEZ ATTENTIF

  • N’attachez jamais l’âne au bord d’une terrasse ou dans une forte pente, il y a risque d’accident,
  • il est gourmand alors gare aux doigts, une main bien plate est la solution,
  • un insecte le gêne ( mouche, taons…), gare aux coups de tête ou de pieds,
  • Ne restez pas derrière lui quand il mange,
  • soyez attentifs au passage de motos, camions, quads…très bruyants et donc faisant peur à l’âne. Il risque de faire un écart ; tenez le bien et surtout rassurez le. S’il est à l’attache quand il y a ces véhicules ou que quelque chose peut lui faire peur, allez le voir, mettez le en confiance et au besoin détachez le pour ne pas qu’il tire sur le licol (risque d‘accident).
  • attention aussi aux chiens : ils ne font pas bon ménage. L’âne risque d’être agressif : le taper avec ses antérieurs ou foncer dessus.

L’âne est un animal doux mais il n’est pas une machine ou un âne en bois alors anticipez ses réactions et acceptez le.